27/01/2005
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19/01/2005
Geeks Needed
Mise à jour 2 :
- Le gros du travail a déjà été fait. Après quelques rajustements et ajouts, le nouveau blog, qui s'apparentera désormais beaucoup plus à un site (enfin, si l'évolution de mes plans suit son cours sans accroc), devrait être opérationnel.
- Je suis encore à la recherche d'un plug-in ou d'un hack facile à installer en vue d'une page double (une page bilingue ou trilingue si jamais me prenait la folle envie de rédiger des posts en japonais).
- Et quelques autres réglages, surtout au niveau des galeries dont la mise à jour demande beaucoup de temps et d'endurance.
- Ainsi que le talent nécessaire pour installer un plug-in qui m'intéresse tout particulièrement : mini-wiki, et qui me donne du fil à retordre. Je suppose qu'à force de forer dans la masse du php (langage qui m'est complétement incompréhensible), je finirai bien par trouver la solution (ou par renoncer).
Cependant, vous pouvez déjà avoir un aperçu de ce à quoi ressemblera le blog en cliquant sur le lien ci-dessous :
Japan Time

Mise à jour 1 :
- Installation de Wordpress réussie. Souple, pratique, facile à utiliser et plutôt bien foutu plastiquement.
- Installation de PhpGalerie (en français) réussie elle-aussi. Tout aussi aisé à utiliser que le précédent logiciel.
- Folderblog... là, y a des lacunes terribles. Après un nombre indéfini de tentatives, je n'ai toujours pas réussi à configurer le fichier "vars". Une fois le "post.php" lancé dans le navigateur, ça me donne une jolie fresque d'erreurs. On peut dire qu'il me file du fil à retordre. Au diable les vilains jeux de mots !
C'est tout pour le moment.
Izo
Voilà, c'est fait. Finalement ce n'était pas si difficile...
Il ne me reste plus qu'à trouver quelques âmes bien sympathiques pour m'aider dans cette périlleuse démarche. Il me faut régler des problèmes d'organisation, de création, de compréhension. Il me faut aussi espérer ne pas m'empêtrer dans des cloaques techniques qui me pousseraient à abandonner, définitivement cette fois. Je dois donc m'organiser, trouver le temps et apprendre à le dompter pour être efficace.
Il me faut... de l'AIDE !!
Pragmatique
1) J'ai trouvé un hébergeur... Ca paraît idiot mais au Japon, les hébergeurs n'acceptent pas le PHP ni les scripts CGI, le Perl et le MySql. Alors, bon, sont bien gentils les nippons de chez Yahoo mais moi, ce que je cherche, c'est à dépasser le stade du site web de 1992 développé par Jean-Michel Portofilo.
2) Il n'y en a pas, c'est ça qui me chagrine.
Emphase
1) Je souhaite installer et utiliser Movable Type... Je n'ai pas encore eu de problèmes. En même temps, je n'ai pas encore essayé de l'installer.
2) Je souhaite aussi utiliser Folderblog. Même constat que pour MovableType.
3) Qui peut m'expliquer comment intégrer des commentaires aux galeries photos développées sous Photoshop ? Créer les Thumbnails et autres joyeusetés, pas de souci, mais pour ce qui est d'associer des notes aux photos, j'ai beau chercher, je ne vois pas.
4) Je cherche aussi des templates accessibles gratuitement (et avec l'accord de leur auteur) pour Movable Type parce que lorsque je m'imagine dessinant (parlons de création) des templates, je revois ces terribles dessins tendus non seulement à mes profs d'Arts Plastiques mais aussi à mes parents en de multiples occasions festives. Vous imaginez le tableau...
Voilà ! Pour un début, ça me semble suffisant.
Izo
PS : Ce post sera effacé dans les jours à venir pour laisser la place à quelques articles sur Hong-Kong où je suis allé me prélasser quelques jours.
17:30 Publié dans Fushigi... (Etrange...) | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
16/01/2005
Nenmatsu Nenshi (Quatrième partie)
Septième partie : Gantan
Le premier jour de l'année est appelé Gantan (le premier matin). On passe la matinée à faire le tour des temples. La plupart des japonais se rendent donc aux temples Bouddhistes et Shintoistes voisins. Il faut noter que les jeunes générations de japonais ne sont pas vraiment croyantes. Il s'agit le plus souvent de traditions cristallisées qu'ils reproduisent comme les français le font par exemple à la Chandeleur (qui respecte encore le Carême aujourd'hui ?). Ainsi vous verrez souvent les japonais lancer une pièce de 5 yens percée dans une sorte de réceptacle à l'entrée des temples ou encore les remarquerez-vous acheter ces petits oracles en papier aux abords des grands lieux touristiques de Kyoto.
Ainsi donc, ce matin-là, au temple Shinto, ils jettent quelques piècettes (saisen) à la portée symbolique, désormais mystérieuses pour la plupart, dans le Saisenbako, la boîte dont je parlais précedemment puis claquent des mains deux fois pour attirer l'attention du dieu du temple pour enfin prier et demander à ce que leurs voeux soient exaucés. En général les gens souhaitent une bonne santé et de la chance... Une fois cette procession terminée, voilà enfin venu le temps du petit plaisir partagé : l'achat d'un Omikuji, le fameux oracle en papier, qui détaille votre année à venir et ce que vous pouvez en attendre. Si vous êtes superstitieux, et que vous ne
comprenez pas le japonais, je vous déconseille de vous laisser tenter par cette petite dépense. Pour quelle raison me demandera-t-on légitimement ? C'est bien simple; il existe plusieurs types d'Omikuji : de bons augures et de mauvais. Si jamais l'Omikuji que vous avez acheté vous dévoile une année totalement ratée, vous avez en dernier ressort la possibilité de l'enrouler autour de l'une des branches des arbres du temple. Depuis quelques temps, il semblerait que, contrairement à la pratique institutionnalisée, les japonais accrochent tous les Omikuji, qu'ils soient bons ou mauvais.
Un Omikuji virtuel (en anglais) : ce n'est pas exactement ce que j'appellerai un Omikuji mais bon... le site se désigne ainsi.
Tiens, en voilà un autre (ce n'est pas ce qui manque...)
Certains parmi les japonais décident aussi de se rendre au temple Bouddhiste. La tradition bouddhiste veut que la cloche soit frappée 108 fois. Il existe différentes heures pour s'y rendre. Le plus souvent, il est de coûtume d'aller y tapoter de la cloche peu après minuit. Les 108 coups représentent les 108 démons que l'on exorcisent. Il arrive souvent, pour les temples les plus populaires (parfois des centaines de personnes s'y rejoignent et chacun souhaite faire tintinnabuler la cloche une fois), que les responsables laissent la liberté aux japonais de donner plus de 108 coups afin que chacun y aille de son lancer de poignet. C'est une belle illustration de cet esprit contradictoire continuellement présent au Japon. Il faut toujours faire plaisir aux clients. Cependant cette imagerie clientéliste si on ose la désigner n'est pas très à propos. Nous passerons donc.
Normalement (car ceci a beaucoup changé) les japonais retournent travailler le 4 janvier. Ce jour-là nombreux sont les employés à se rendre tous ensemble au temple pour y souhaiter une bonne année non pas pour eux-mêmes mais pour l'entreprise. Vous pouvez donc assister à des cortèges de voitures chargées de salary-men et d'office-ladies aux abords des grands temples. Ils participent à la même cérémonie que précédemment.
Huitième partie : Kouhaku
Pour cette grande émission japonaise, le thème de l'année, c'était évidemment les athlètes olympiques qui ont apportés de nombreuses médailles au pays. Entre chaque morceau, nous avons eu droit à des commentaires et des interventions des médaillés qui venaient surtout remercier la nation de les avoir soutenus. Le Kouhaku est un peu à l'image de l'Eurovision, non pas dans son petit côté universel désormais dépassé, mais parce qu'il s'agit d'une compétition. Ici il s'agit en l'occurrence d'opposer les hommes aux femmes dans une compétition de chant. Les japonais sont très friands de ce programme diffusé par la NHK, la plus grande chaîne privée du Japon. Les kanji qui composent le mot kouhaku sont ceux de deux couleurs : le rouge pour les femmes (kou) et le blanc pour les hommes (haku).


La Playlist pour ceux que ça intéressent...
Les Nouveaux Arrivants
Cette année, le programme, après 55 ans de succès inconditionnel, a failli être menacé non pas de disparition mais de boycott. Peu avant la fin d'année, un énorme scandale a frappé de plein fouet la NHK. Il faut savoir que cette chaîne, si elle est privée, ressemble pour beaucoup à une chaîne d'état dont la particularité serait d'être subventionnée par les citoyens japonais mais sans l'intervention de l'état. C'est en ceci que cette chaîne diffère de France 2, 3 et 5. Autre différence, il n'y a aucune publicité et de nombreux programmes à caractère pédagogique rencontrent un grand succès (les émissions où les japonais peuvent s'amuser tout en apprenant : un nombre de langues étrangères incalculables...). La mauvaise utilisation du budget gigantesque de la NHK a fait frémir la nation toute entière, même ceux qui nient avoir la chaîne et qui ne paient pas la redevance. De nombreux payeurs ont refusé de verser la mensualité de fin d'année et les pauvres représentants (indépendants pour leur plus grand malheur) de la chaîne ont vu leur salaire divisé de moitié. Il faut dire que depuis quelques années, les japonais rechignent à reverser la somme due et les dits représentants ont constaté que leur salaire mensuel avait subi une baisse de près de 30 % soit une perte de 100 000 yen (plus ou moins 800 euros).
Vidéo 1
Vidéo 2
Vidéo 3
Vidéo 4
Vidéo 5
(Je tiens à m'excuser de la qualité loin d'être irréprochable des vidéos ci-disponibles. Elles ont été filmées via un appareil photo numérique et bien qu'elles soient malgré tout largement acceptables, elles sont loin de ressembler à un enregistrement vidéo numérique. Cependant n'hésitez pas à les télécharger. Ca vaut le coup d'oeil selon moi.)
Le kouhaku est cependant un événement national qui a pour mérite de donner aux étrangers un aperçu de ce qui s'écoute sur l'île. J'avoue que je n'aime pas du tout ce programme mais quand vous êtes étranger, que vous êtes convié dans une famille japonaise ce soir du réveillon du 31 décembre, vous vous taisez et supportez les 4 heures de chants interminables qui oscillent entre soupe populaire (la J-Pop en général, un condensé de What 4 et de Florent Pagny côté masculin et de Céline Dion et des L5 côté féminin) et vieillesse désincarnée (sorte de has-been aux vêtements écarlates et aux boas poussièreux). Sous des airs méprisants, sachez que je considère le kouhaku comme un véritable phénomène culturel japonais. Il faut en passer par là pour s'acclimater à une culture... et oui, mon bon Monsieur !
En me baladant sur le Net à l'affût de commentaires d'autres étrangers, je suis tombé sur un site de fans du Kouhaku... J'en suis encore abasourdi. Evidemment je comprends qu'on puisse apprécier ce programme... quand on est japonais... mais je n'avais encore jamais rencontré de fans étrangers vivants. Je les appellerai "Les Super Héros" tant ils méritent ce sobriquet à tendance péjorative (mais pas trop). Une autre explication serait qu'ils écoutent les artistes de J-Pop en boucle... ce que je ne peux pas concevoir sans avoir une mine douteuse.
C'est à lire !
Neuvième partie : Glossaire
Le glossaire comprend des parties potentielles qui ne verront cependant pas le jour. Le vocabulaire expliqué est ainsi publié à titre informatif. Peut-être celles-ci feront-elles l'objet d'une publication future qui viendra compléter le présent dossier.
Oseibo - Il s'agit de cadeaux que les japonais offrent à ceux qui les ont beaucoup aidés ou à ceux qu'ils ont ennuyés pendant l'année écoulée.
Ousouji - Le grand nettoyage de la maison pour se débarrasser des mauvais esprits gênants et pouvoir profiter du dernier jour de l'année dans les meilleures conditions.
Yoi otoshiwo (omukae kudasai) - Seule la première partie de l'expression est employée. Elle est aussi très utilisée pour Noël, depuis que cette fête venue d'Occident envahi l'espace et les esprits. Une traduction littérale pourrait donner ceci : nous n'allons pas nous revoir cette année, alors bonne année.
Toshikoshisoba - De longues nouilles japonaises que l'on mange généralement avant minuit et qui symbolisent l'espoir d'une longue vie.
Hatsumoude - hyakuyatu no kane : Il s'agit de frapper 108 fois la cloche au temple juste après minuit afin de faire fuir les mauvais esprits.
Akemashite omedeto gozaimasu - Bonne année ! On emploie cette expression seulement une fois la nouvelle année entamée. Les gens à qui vous souhaiterez la bonne année avec cette phrase vous répondront d'ailleurs la même chose.
Osechiryouri - Il s'agit des mets que l'on prépare avant le dernier jour afin que personne n'ait à se soucier de la cuisine au moment de célébrer le passage à la nouvelle année.
Nengajou - Les cartes de fin d'année que les japonais envoient à toutes les personnes qu'ils fréquentent ou connaissent. "kotoshi mo yoroshiku onegaishimasu" et "akemashite omedetou gozaimasu". La première expression demande au destinataire de prodiguer les mêmes attentions que lors de l'année achevée tandis que la seconde salue le passage à une nouvelle année. Ces cartes arrivent entre 10h et 11h dans tous les coins du pays par livraison spéciale.
Otoshidama - L'argent distribué aux enfants par les membres de la famille et les amis à la fin de l'année.
Conclusion
Ce qui est sûr, en regard de cette expérience passionnante, c'est que passer les fêtes de fin d'année au Japon peut s'avérer très constructif. J'ai appris un nombre indéfini de choses (dont j'ai essayé de vous faire le rapport bon an mal an), j'ai appréhendé en titubant les traditions ancestrales d'un pays que peu d'entre nous comprennent et comprendront jamais. Le Japon est un peu comme ce langage que Champollion a traduit, à ceci près qu'il nous manque encore la clé, celle qui permettra de tout décrypter. On établit un réseau de connaissances sur le Japon comme on découvre la cartographie de l'ADN humain : pas à pas et avec patience. Les incompréhensions sont nombreuses, les tentatives parfois désespérées mais l'expérience est au final plus que positive.
L'estomac plein, les yeux gorgés d'images nouvelles et les oreilles qui résonnent encore des mots exclusifs qui me sont parvenus, je peux m'atteler à cette année nouvelle avec plus de franchise et espèrer que le sentier sera découpé plus clairement désormais.
Voilà pour ce dossier sur Oshougatsu. J'espère que celui-ci vous aura plu et que vous pourrez désormais être presque incollable sur la question. Evidemment ce dossier n'a aucunement pour ambition d'être exhaustif. Le but était de donner un petit aperçu de la façon dont le Nouvel An se déroule ici, sous l'oeil ébranlé d'un étranger perdu sur le sentier vers la connaissance du Japon.
Izo
PS : D'ici quelques jours je mettrai à disposition un fichier PDF reprenant l'intégralité du dossier ce qui évitera à ceux qui désireraient le lire hors ligne ou le conserver pour mémoire de perdre des heures à donner une forme à ce qui n'en a pas via les outils hautetfort.
11:11 Publié dans Bunka (Culture) | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
12/01/2005
Nenmatsu Nenshi (Troisième partie)
Sixième Partie : Le Mochi
Le Mochi est une douceur traditionnelle japonaise que l'on dévore les premiers jours de la nouvelle année. Pour faire le Mochi, les japonais utilisent le Mochigome, c'est à dire le Riz à Mochi, qu'ils malaxent à grands coups de bâton jusqu'à ce qu'il forme une pâte dense. Il faut noter que chaque année plusieurs japonais décèdent des suites d'une ingestion de Mochi. Le mochi, une fois chauffé, est très collant et tend à rester bien au chaud dans l'oesophage empêchant ainsi certaines personnes de respirer librement. Tous les ans, les avertissements sont nombreux à ce sujet. La forme du Mochi dépend de la région : des boules dans la région d'Osaka, des carrés à Tokyo, des rectangles à Nagoya et dans la région d'Aichi en général...

Pour plus de photos
Il y a de nombreuses façons différentes de manger le mochi. Je vais vous en présenter quelques-unes, celles que j'ai moi-même eu le loisir de goûter. J'avoue que j'adore le Mochi surtout lorsqu'il est accompagné de Kinako, une poudre de Mame, des haricots japonais.
Pour ce faire, il faut prendre un bloc de mochi que vous laissez chauffer dans l'eau ou, souvent au Japon, sur un petit chauffage d'appoint. Ensuite vous le mettez dans un petit bol d'eau chaude jusqu'à ce que la pâte de riz devienne molle et gluante. Vous le déposez sur une petite assiette et le saupoudrez de poudre de Kinako. Vous n'avez plus ensuite qu'à déguster le tout en évitant d'expirer au moment où vous portez le mochi à la bouche. Ca peut paraître ridicule comme conseil mais sachez qu'un nuage de kinako envoyé sans prévenir au visage de la personne assise en face de vous peut devenir très embarassant au Japon (comme ailleurs sans doute).
Autre goût, autre recette... Vous faites chauffer le mochi de la même façon que précédemment. Une fois celui-ci bien élastique, vous l'entourez de Nori, une feuille d'algues marines. Le Makimochi comme je m'amuse à l'appeler est un petit met d'une simplicité enfantine et pourtant d'un goût incomparable. Je conseille un Nori de bonne qualité.
Le dernier plat à base de mochi que je vous propose est celui que l'on peut manger dans toutes les chaumières glacées du Japon (il fait en moyenne 6 degrés dans les pièces... le chauffage n'étant pas centralisé et les japonais étant très économes). Il s'agit d'une soupe composée à partir d'un bouillon de Katsuobushi no Dashi (Bouillon de poisson, la bonite) dans laquelle on met bien sûr le Omochi (du yakimochi en réalité puisqu'une fois encore on le chauffe) mais aussi des algues marines appelées Mochina, du Naruto (des sortes de quenelles compactes aux couleurs rose et blanche) dont le dessin évoque les tourbillons très forts et rapides de la région de Shikoku et du Katsuobushi (de la bonite en lamelles séchées).
Pour vous donner une idée de ce qu'est le Naruto :
16:20 Publié dans Bunka (Culture) | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
06/01/2005
Nenmatsu Nenshi (Deuxième partie)
Troisième Partie : Kazari
Traditionnellement, les vacances de la Nouvelle Année étaient consacrées aux kamisama, les dieux, qui avaient alors accordé de bonnes récoltes et avaient accepté les esprits des ancêtres, censés protéger le commun des mortels.
Ainsi les décorations traditionnelles participent de cet effort. On peut en dénombrer beaucoup mais je ne m'attarderai que sur deux d'entre elles. La première est le Kadomatsu : des branches de sapin et des tiges de bambou sont les principaux éléments de cet arrangement floral. On le dispose en général sur les côtés de la porte d'entrée de la maison. Il y a ensuite le Shime-Kazari, une décoration elle aussi composée de branches de sapin, cette fois enroulées. On accroche le Shime-Kazari sur la porte d'entrée, ou à l'avant des voitures. Ces deux décorations sont destinées à accueillir les dieux et les esprits. Au début de l'année, les gens remercient et louent les dieux et les esprits des ancêtres en espérant que cette nouvelle année soit elle aussi riche en récoltes et en événements heureux.
Quatrième Partie : Oomisoka
Le 31 décembre est généralement appelé Oomisoka, un moment de calme et de relaxation pour tous après les pénibles et fatigantes préparations de Oshougatsu. En Japonais, Misoka signifie le dernier jour du mois... et Oomisoka, le Grand dernier jour du mois, ce qui revient à dire, le dernier jour de l'année. Les japonais passent la soirée à manger Osechiryouri, qui fera l'objet d'un chapitre à part, et les Toshikoshisoba, tout en buvant un peu d'alcool.

Cinquième Partie : Osechiryouri
Préparé la veille du Oomisoka, l'Osechiryouri est un assortiment de mets que les japonais conservent dans des boîtes empilables appelées Juubako ( boîtes empilées; un merci à Haikai pour la rectification ). La tradition veut que les plats soient nombreux de manière à ce qu'il ne soit pas indispensable de préparer quoi que ce soit les jours suivants. En général, Osechiryouri est consommé jusqu'au deux ou trois janvier. Chaque plat a une signification bien particulière et une relation directe est ainsi établie avec le symbolisme du Nouvel An. Par exemple, le Konbu, une algue marine enroulée dans laquelle on place une tranche de poisson de bonne qualité, a une sonorité proche du mot yorokobu (le bonheur) ou yorokonbu... Autre met, autre signification : le Kazunoko, des oeufs de hareng salé d'une couleur jaune ravissante, évoque pour l'année à venir la naissance de nombreux enfants. Evidemment le contenu dépend des régions, bien que certains plats semblent incontournables, aux dires de mes beaux-parents.
J'ai trouvé certains plats délicieux et d'autres très particuliers. Ainsi le Kazunoko reste un grand moment de bonheur pour mon palais bien que j'ai reproché discrètement que le goût était vraiment trop salé. Les oeufs de hareng sont très durs et il est parfois difficile de déglutir quand vous essayez de les avaler. Les Kuromame (haricots noirs) étaient eux aussi très goûtus. Une généralité concernant l'Osechiryouyi serait de dire que les mets sont très sucrés ou très salés, sans doute une des raisons de sa conservation longue durée. Depuis que je vis au Japon, je me suis habitué aux petits-déjeuners de Minshuku ou de Ryoukan et je n'ai guère éprouvé de difficulté à dévorer le Omochi dans la soupe Ozoni ou le Omochi agrémenté de Kinako à 6h30 le matin suivant. Ce dernier est d'ailleurs mon favori. Sur les photos que vous pouvez voir du côté des albums, vous remarquerez qu'une fois encore les poissons font bonne figure face aux plats de viande européens. Certains plats d'Osechiryouri ont l'air d'être véritablement confis et bien que la langue française ne soit que peu préparée à ce type de goûts, on s'y acclimate très aisément, pourvu que le poisson ou les oeufs de poissons ne vous posent pas de problème.
Malgré tout, ce que je préfère avec le Osechiryuri, c'est que les femmes au foyer se voient délester d'une part considérable de leurs tâches ménagères le temps de profiter, au même titre que leur mari, d'une fin d'année calme et reposante. Ca semble peut-être difficile à imaginer pour de nombreux occidentaux mais le poids des tâches d'une femme au foyer au Japon est loin d'être enviable. Mais ceci est une autre histoire que je traiterai sans doute dans un avenir proche.à suivre...
Izo
NB : les photos utilisées sont celles que j'ai prises cette année lors de ces événements. Les photos extérieures sont utilisées avec l'accord des sites où je les ai trouvées. Le texte a été intégralement écrit par mes soins et je serais gré aux gens qui souhaiteraient exploiter celui-ci de me prévenir.
16:35 Publié dans Bunka (Culture) | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
03/01/2005
Nenmatsu Nenshi (Première partie)
Voilà maintenant deux jours que je suis sur ce dossier des fêtes de fin d'année au Japon. Bien sûr j'aurais pu tout bêtement me balader sur le Net et faire quelques copiés-collés histoire de ne pas perdre trop de temps... mais, bien m'en a pris ?, j'ai préféré parler de mes fêtes de fin d'année, dans cette région d'adoption qu'est Aichi Ken et Nagoya, la grande métropole où je vis actuellement. Comme le dossier dépasse toutes mes espérances en matière de longueur, je me suis décidé à le publier petit à petit, d'autant plus que je ne l'ai pas terminé. Je ne voudrais pas vous imposer une quinzaine de pages Word sans marges ni espacements. :)
J'attends évidemment des retours sur ce dossier qui, je l'espère, vous plaira autant que je me suis plu à l'écrire dans la campagne japonaise où demeurent mes beaux-parents.
Il me paraît indispensable de présenter en détails les fêtes de fin d'année et plus particulièrement, ce premier jour de 2005. Il y a divers événements qui se succédent pendant les quelques jours de cette fête, le 31 décembre et le 1er janvier, ainsi que les jours qui suivent, et tous ont leur importance. Ils sont d'autant plus étonnants qu'ils semblent vraiment impossibles à appréhender pour l'étranger de passage. Au débotté, je vous en cite quelques-uns : Kouhaku, Osechi Ryouri, les ToshiKoshi Soba...
Première Partie : Les Nengajyou
Commençons par les futilités d'usage. Il est de bon ton de souhaiter la bonne année au Japon comme ailleurs. Cependant ce rituel social prend diverses formes. La plus célèbre est sans doute cette pratique de l'envoi de Nengajyou, carte de voeux pour simplifier. Dans quelle mesure parle-t-on d'un rituel social ? Imaginez-vous qu'il y a de cela quelques années, les familles envoyaient près de 200 à 300 de ces cartes de voeux. Les japonais les envoient à tous les gens qu'ils connaissent, à peu de choses près. Collègues de travail, amis, voisins, commerciaux fréquemment rencontrés, en bref tout le tissage de connaissances : le Nengajyou Web comme j'aime l'appeler. Il ne faut surtout pas sous-estimer ce long et rigoureux travail de socialisation.
Depuis plusieurs années et la révolution informatique, les japonais impriment les textes qui accompagnent les cartes de voeux. Je ne peux guère imaginer le temps que représente l'écriture manuscrite de 200 à 300 cartes.
Le gouvernement comprenant aussi qu'il s'agit là d'un marché fort lucratif pour les bureaux de Poste et commerçants en tous genres, qui se gargarisent à l'approche de la fin d'année, celui-ci essaie de freiner l'envoi excessif de Nengajyou, avec plus ou moins de succès d'ailleurs. Cependant aujourd'hui encore la moyenne d'envoi pour un couple d'une cinquantaine d'années est d'une centaine de cartes, toutes écrites à la main.
Ceci représente aussi un travail considérable pour la Poste Japonaise qui s'engage à ce que les destinataires reçoivent les cartes le premier janvier. Pour ce faire, les boîtes aux lettres qui sont généralement constituées de deux espaces distincts : les envois régionaux et les envois hors-région (ou à l'étranger) se divisent le temps que les fêtes se terminent en boîtes à Nengajyou. Les envois régionaux et extérieurs sont regroupés en un seul espace tandis que le second est consacré à l'envoi des cartes. On peut voir les mères de famille venir les déposer par paquets de cinquante sous le regard indifférent des facteurs. Ne pas envoyer de Nengajyou peut être très mal perçu.
Ainsi je me souviens d'une anecdote... Alors que je venais de passer un long entretien avec le responsable d'une
université, afin éventuellement de travailler dans le cadre d'un cours de conversation française, j'envoyai, suite au précieux conseil de ma chère et tendre, diverses cartes aux écoles de langues dans lesquelles j'avais la chance d'enseigner. Quelques jours plus tard, je recevais moi aussi les fameuses cartes de voeux. Cet événement qui, pour ma part, ne revêtait pas une importance capitale, a cependant facilité mes rapports professionnels avec le dit responsable lors des rencontres suivantes. Par contre, une amie repartie le temps des fêtes en France et qui n'avait pas eu le loisir sans doute de les envoyer elle aussi, a eu droit à quelques mauvais égards de façon indirecte, évidemment. Le responsable que j'appellerai Mr X. pour égayer le discours m'a dressé le portrait d'un monde sans Nengajyou. Ô combien irresponsable de la part de mon amie de ne pas avoir songé à en envoyer... Ô combien impolie s'était-elle montrée... Abasourdi par cette discussion, j'avoue ne pas avoir eu l'aplomb de rétorquer quoi que ce soit. Qu'adviendrait-il donc du Japon si les jeunes générations, connues pour être oublieuses des traditions qui font la fierté des anciens, n'écrivaient plus les Nengajyou ? Je me le demande à vrai dire... Toujours est-il que, depuis, je n'hésite pas à envoyer ces petits morceaux de papier sans rechigner à la tâche, d'autant plus que je les imprime.
Deuxième Partie : Ousouji
Une des autres traditions de cette fin d'année japonaise, c'est sans conteste le jour du Grand Ménage, auquel participent en théorie tous les membres de la famille. Dans une famille type, la femme, si bien nommée Okusan (la femme du fond...), s'occupe en général du bon maintien de la maison. Le ménage se fait habituellement quotidiennement. Il faut noter que dans une famille type au Japon, le seul avenir professionnel envisageable pour une partie de la gente féminine est le même que celui de nos grands-mères, id est la maison à entretenir. Malgré cela, le Grand Ménage est vraiment l'affaire de tous. Enfants, grands-parents, même le père de famille, personne n'y déroge. Sols, meubles, vitres, dessous de dessous de dessous, tout est nettoyé. La maison de fond en comble est passée au peigne fin pour que n'échappe aucune poussière vicieuse. C'est un moment d'enthousiasme familial, à n'en pas douter. Tout le monde se retrouve, une fois n'est pas coûtume, autour de la même activité. Cependant depuis quelques années, on s'aperçoit que là encore, le temps érode les plus jolies traditions. Les entreprises restent en activité jusqu'au dernier jour de l'année et les employés sans shougatsu sont chaque année plus nombreux. Il n'est pas rare que les japonais travaillent tous les jours, sans que les jours nationaux ou autres moments de liberté passée ne leur permettent d'en démordre. Le Japon est ainsi fait qu'il ne peut pas même s'arrêter une journée de fonctionner.
A l'origine, le Grand Ménage était un moyen de purger la maison de ses mauvais esprits et des indices du
malheur. On changeait ainsi le papier qui servait aux portes coulissantes, que chacun aura déjà vues une fois au moins au cinéma et qui ne sont désormais guère utilisées, et on sortait les Tatami pour les battre et les faire respirer. Pour les familles les plus riches, il n'était pas rare de changer intégralement les Tatami de la maison, ce qui représentait une somme considérable.
à suivre...
Izo
NB : les photos utilisées sont celles que j'ai prises cette année lors de ces événements. Les photos extérieures sont utilisées avec l'accord des sites où je les ai trouvées. Le texte a été intégralement écrit par mes soins et je serais gré aux gens qui souhaiteraient exploiter celui-ci de me prévenir.
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