Un des plus jolis coins du jardin botanique de Higashiyama est sans doute le chemin de bambous. Ceci est la route qui y mene. Meme si l objectif de la balade n etait pas d y voir les bambous, on ne pouvait guere les ignorer alors que le vent qui les traversait faisait naitre un somptueux chant de sirenes.
Ce petit monument epatant se cache derriere deux rangees de bambous et il faut etre attentif pour ne pas le rater. En haut d une sorte de promontoir, il semble ignore par les passants.
A chaque fois que je regarde cette petite construction, je me demande quelle peut bien etre sa signification. Oubliee des japonais et inconnue des etrangers, ce type de petites installations tend a disparaitre.
Voila une des choses que je desirais ardemment prendre en photo. Me voici enfin satisfait. Je vous laisse regarder...
Un autre angle, une autre vision. Cette fois-ci, luttant contre des branches envahissantes, la construction semble s epancher vers le sol, ensemble compose d une pelouse ruinee par le peu de soin qu on lui accorde et par les rixes incessantes entre mauvaises herbes de toute extraction.
A l entree du jardin botanique, qui s etend sur plusieurs dizaines d hectares (ce qui represente un espace invraisemblable dans une grande metropole japonaise), on peut apercevoir un etang sombre. Aux alentours, les gens se prelassent en ecoutant les oiseaux.
Le kaki est un fruit tres sucre que les gens recoivent par carton entier tant la production est importante au debut de l hiver. Les grappes de kakis qui pendant comme des oignons qu on fumerait deviendront a force d exposition au soleil des fruits secs delicieux.
Les jardins japonais sont pour moi, une grande source de bonheur. Impregne par je ne sais quelle douceur, nourri d une paix inconsistante, il est facile de se laisser seduire par ces agencements precis et harmonieux.
Autour du point d eau s etirent des arbres aux formes etranges, et nagent les koi, ces poissons attaches a l imagerie japonaise.
Vous pouvez faire le tour plusieurs fois sans vous lasser tant le regard enivre se noie dans des sources d images inepuisables.
Il n y a pas a dire... ca fait veritablement penser a la petite maison dans la prairie. Cependant nulle trace des Ingals dans ce lieu ou la paix n a pas besoin d un regard eclaire sur la foi.
Des arbres tortures, des branches effeuillees et encore cette petite cabane qui s endort tranquillement au rythme incessant de l eau qui s ecoule.
Un endroit entre terre et mer ou les gens viennent souffler aux koi quelques mots doux.
Il suffit d etre la pour que ces poissons valeureux s approchent et essaient de vous parler sans qu aucun son ne sorte vraiment.
Des animaux imaginaires qui se seraient echapper pour rejoindre une realite ou la parole leur manque.
Cette feuille d erable sanglante trainera au fil de l eau jusqu a ce qu un poisson aveugle et vorace ne vienne l avaler.
Une image tres "Epinal" de cette fete hivernale qu on appelle kouyou (feuille rouge).
La couleur irreelle qui devore l image jusqu a en faire oublier le vieillard qui baigne dans son ombre rougeoyante laisse aux pupilles le gout sucre d une nature ondoyante.
Le 23 novembre, jour ferie (jour du travail au Japon), est un jour generalement abime par les ombres des nuages et le froid de l hiver mais nous fumes epargnes, le temps de manger paisiblement du teriyaki accompagne de sandwichs aux mentaiko (oeufs de poisson roses).
Le soleil a l approche de l hiver est vraiment impressionnant.
"La lumiere qui traversa cet arbre au moment ou je le photographiai rendit ses feuilles vertes presque transparentes."
Quand les trois couleurs vegetales de cette parenthese hivernale cohabitent avec poesie et charme.
Un dernier instant de plaisir avec ce macha delicieux qui nous fut servi aimablement. Le wagashi qui l accompagne etait parfaitement sucre.